La fatigue n’est peut-être pas un ennemi, mais un signal. Celui d’un corps et d’un
esprit qui demandent à être entendus.
On parle souvent de manque de sommeil, mais la vraie cause de la fatigue est plus
profonde : c’est le manque de vraie déconnexion.
Nos journées sont morcelées par les notifications, les mails, les écrans. On ne
laisse plus au cerveau le temps de “ranger” ce qu’il vit. Même se reposer demande
un effort, parce qu’on ne sait plus faire pause sans écran.
Résultat : le corps ne se régénère plus. La fatigue devient permanente, comme un
fond sonore.
Pour la comprendre, il faut voir qu’on vit dans un mode “veille permanente” : on ne
dort jamais complètement, même éveillé.
Les solutions, elles, commencent par de petits gestes concrets : arrêter de
remplir chaque minute, oser s’ennuyer, se promener sans but, couper les sons,
ralentir le rythme. Le cerveau a besoin d’espace vide pour se réparer sans ça,
même huit heures de sommeil ne suffisent plus.
On le voit partout : tout le monde dit “je suis fatigué”. Ce n’est plus juste un état,
c’est devenu un réflexe. Mais si on se sent autant vidé, c’est aussi parce qu’on vit
dans une culture où il faut prouver qu’on avance.
On n’a plus le droit d’être lent, triste, inefficace. Tout doit être “inspirant”.
Cette pression, souvent invisible, nous pousse à nous comparer sans cesse à des gens plus productifs, plus heureux, plus organisés. Et à force, on s’épuise à vouloir tenir ce rôle.
Alors qu’en réalité, le vrai apaisement vient souvent de l’inverse : accepter d’être
humain. Se dire qu’on ne peut pas toujours être au top, qu’on a le droit d’avoir des jours creux, de ne pas “gérer”.
Certains appellent ça le slow life, mais c’est surtout une philosophie du quotidien : faire moins, mais mieux, retrouver du plaisir dans le simple. Et surtout, ne plus se
juger pour ça.
Cette lassitude n’est pas seulement due au travail ou aux écrans. Beaucoup
ressentent une fatigue morale, une sorte de vide. Le monde paraît instable, les
crises se succèdent, et on a parfois le sentiment que tout continue sans nous.
C’est une fatigue du sens : à quoi bon courir si tout semble incertain ?
Ce type de fatigue se soigne rarement par le repos seul. Il faut réintroduire du
sens, du lien, de la douceur. Sortir de la logique “rentable” pour renouer avec ce
qui nourrit vraiment : des conversations sincères, un peu de nature, des projets qui
comptent, même petits.
Se fatiguer pour quelque chose qu’on aime, c’est déjà une forme de guérison.
Réhabiliter le repos comme valeur
On a grandi dans l’idée que se reposer, c’était perdre du temps. Aujourd’hui, on
comprend que c’est tout l’inverse : le repos est ce qui nous rend à nouveau
vivant.
Dormir, ne rien faire, s’isoler, méditer, ralentir : ces gestes simples ne sont pas des
fuites, mais des manières de reprendre le contrôle.
Le vrai repos, ce n’est pas fuir le monde, c’est s’en détacher un instant pour mieux
y revenir.
Réapprendre à se reposer sans culpabilité, c’est peut-être la seule vraie solution à
notre époque d’épuisement. Parce que dans une société qui ne s’arrête jamais,
s’arrêter, c’est résister
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