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Il y a les crises que l’on voit partout, qui occupent les écrans et les gros titres, et puis
celles que personne ne voit, mais qui détruisent tout autant des vies chaque jour.

Des drames sans caméras

 Plus de 6,9 millions de déplacés internes en RDC. L’Est du pays subit depuis plus de
vingt ans les violences de groupes armés comme le M23 ou l’ADF. Violences sexuelles,
massacres, exils forcés : c’est « la guerre oubliée de l’Afrique », ignorée des médias
internationaux.
Au Soudan, la guerre entre l’armée et les Forces de soutien rapide a forcé plus de 7
millions de personnes à fuir, selon l’OCHA. Certaines régions connaissent déjà la
famine, mais la crise reste éclipsée par Gaza ou l’Ukraine.
Dans le Sahel, près de 29 millions de personnes sont touchées par les coups d’État, le
terrorisme et les déplacements massifs. Trop complexe, trop lente, cette crise échappe à
la logique médiatique.
Même les catastrophes climatiques frappent dans l’ombre. En Angola, une sécheresse
historique liée à El Niño a plongé 1 million de personnes dans la faim. À Haïti, gangréné
par la violence, près de 5 millions de personnes vivent en insécurité alimentaire. Sans
images spectaculaires, ces drames disparaissent des écrans.

Le prix du silence médiatique

L’absence de couverture a des conséquences dramatiques. En RDC, seuls 60 % des
besoins humanitaires sont couverts. Au Sahel, la moitié des personnes vulnérables n’ont
pas accès à l’aide.
Moins de visibilité, c’est aussi moins de financements, moins de pression politique et
plus d’impunité pour les auteurs de violences. Les réfugiés, les femmes victimes et les
enfants déplacés en paient le prix.
Ce silence médiatique prolonge la souffrance et entretient l’oubli. Plus une crise est
ignorée, plus elle s’aggrave  et moins elle attire l’attention ou les ressources.

 Le monde ferme les yeux

Les médias ne choisissent pas au hasard ce qu’ils montrent. L’audience prime : une
guerre spectaculaire génère plus de clics qu’une famine silencieuse. L’accès joue aussi un
rôle clé. Certaines zones, comme le Xinjiang ou l’Est de la RDC, sont tout simplement
inaccessibles pour les journalistes étrangers.
Les algorithmes des réseaux sociaux amplifient ce biais. Ils favorisent le contenu viral et
émotionnel, laissant de côté les crises lentes ou complexes. Quant au journalisme local,
souvent sous-financé ou censuré, il peine à relayer ces réalités sur la scène internationale.
Rompre le silence, c’est rendre la souffrance visible. Soutenir le journalisme local,
garantir l’accès aux reporters indépendants et diversifier les sources d’information sont
des leviers essentiels. Car chaque crise oubliée est une double tragédie : celle des
victimes, et celle du silence qui les entoure.

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